Coronavirus en quelques mots

Je relaye sur cette page une sorte de "trousse de premiers secours", produite par M. Bernard Guérin, de formation scientifique et médicale, diplômé d'études approfondies en Neurosciences, et titulaire de certificats en Physiologie, Neurophysiologie, Biomathématiques, Biostatistiques.

Est-ce que le coronavirus existait avant l’année 2020 ?

Oui, coronavirus, c’est toute une famille de virus qui existe depuis très longtemps. C’est pour ça que sur des produits comme le gel hydro-alcoolique fabriqué il y a plusieurs années peut déjà être indiqué « efficace contre le coronavirus ». La différence depuis le mois de décembre dernier, c’est l’arrivée d’un nouveau virus dans cette famille, son nom complet est coronavirus Sars cov2 et il est responsable d’une maladie qui est une sorte de pneumonie grippale appelée Covid-19.
Uniquement en respirant le coronavirus Sars cov2. Le plus souvent directement par la proximité d'une personne malade qui tousse ou qui postillonne. Mais dans 10 % des cas la contagion se fait indirectement par des objets contaminés, parce que les personnes contaminées répandent des virus par les postillons, par la sueur. Le virus peut donc avoir été déposé sur n’importe quel objet. Si vous touchez un objet contaminé, le virus passera sur vos mains, et c’est quand vous passerez machinalement vos mains sur votre visage (pour vous frotter le nez, pour arranger vos cheveux, etc.) que vous le respirerez. C’est pour ça qu’il est conseillé de se laver souvent les mains, et en particulier chaque fois qu’on a touché un objet douteux. Les principaux objets douteux sont les poignées de porte, les boutons de sonnettes. Si vous utilisez des gants, ce seront vos gants qui seront contaminés, et qu’il ne faudra plus approcher de votre visage.
Les statistiques montrent que les enfants de moins de 15 ans ont 2 à 5 fois moins de risque d'attraper le Sars-cov2 que les adultes. S'ils l'attrapent, ils ont 10 fois moins de risque de faire la maladie Covid-19 (S'ils ne font pas la maladie, ils n'ont pas de symptômes, ne sont pas "malades"). S'ils sont malades, ils ont 100 fois mois de risque de devoir aller à l'hôpital que les adultes. S'ils vont à l'hôpital, ils ont 1 000 fois moins de risque de devoir aller en réanimation que les adultes. S'ils vont en réanimation, ils ont 10 000 fois moins de risque de décéder que les adultes. Les enfants attrapent le Sars-cov2 plus facilement de la part des adultes, beaucoup plus rarement de la part des autres enfants. Les enfants sont beaucoup plus moins contagieux envers les adultes que les adultes entre eux.
Seuls les gens contaminés peuvent être contagieux. Les personnes qui risquent le plus d'être contaminées sont celles qui rencontrent le plus de monde (toutes les professions au contact du public). Certaines personnes sont contaminées sans être contagieuses (surtout les personnes sans symptômes). Les personnes qui vont avoir des symptômes peuvent être très contagieuses 2 jours avant d'avoir des symptômes (si on a des symptômes, il faut penser à prévenir les personnes qu'on a côtoyées dans les 2 jours précédents).
Oui. Il se passe environ 1 à 2 semaines entre le moment où on attrape le virus et le moment où on manifeste la maladie. Pendant ce délai, la contagiosité augmente petit à petit, et elle peut être aussi importante qu’avec un malade environ 2 jours avant que la maladie soit vraiment constatée. Il est aussi possible d’avoir le virus et de le transmettre sans jamais avoir une maladie vraiment visible. Dans ces cas, la contagion est un peu moins importante, parce que la personne qui ne manifeste pas la maladie ne tousse pas et n’éternue pas, mais elle peut quand-même postillonner et éventuellement transpirer.
Ce n’est pas sûr du tout. Le virus se développe aussi dans certains pays chauds. Il n’est pas détruit par la chaleur du soleil que nous avons actuellement, il n’est pas détruit en buvant des boissons chaudes.
Le risque de décès par la Covid-19 augmente avec l'âge. Il est quasiment nul avant 15 ans, il est très faible de 15 à 45 ans, il est modéré de 50 à 60 ans, il est multiplié par 2 de 60 à 70 ans, il est multiplié par 5 de 70 à 80 ans, il est multiplié par 12 au delà de 80 ans. En cas d'atteinte par cette maladie, une personne de plus de 80 ans a 180 fois plus de risque de décès qu'une personne de 15 à 45 ans.
Aucune maladie associée n'a un effet d'aggravation aussi important que l'âge de plus de 70 ans. Avoir reçu une greffe d'organe multiplie le risque de décès par 4. Avoir eu un cancer depuis moins de 5 ans multiplie le risque par 3. Avoir une maladie neurologique ou être diabétique ou être obèse multiplie le risque par 2.
C’est variable selon les objets : 4 heures sur un ustensile de cuisine en cuivre, 24 heures sur du carton, 2 à 3 jours sur une plaque de fer ou de plastique, 10 jours sur une surface humide ou un linge ou sur le goudron des routes (c’est pour ça qu’il est fortement conseillé de laisser vos chaussures d’extérieur à l’entrée de la maison, et d’utiliser des chaussons d’intérieur avec lesquels vous n’irez pas marcher à l’extérieur, même pas pour aller jusqu’à la boite aux lettres).
Il faut se laver les mains et nettoyer le plan de travail avant de préparer la nourriture. Il faut laver soigneusement les crudités qui ont pu être touchées par d’autres personnes que vous-même. Les aliments cuits à plus de 63°C pendant plus de 4 minutes ne présentent plus de virus. Pour les cuissons plus douces, il faut beaucoup plus longtemps, plus de 20 minutes à 50°C.
Ce virus est conservé par la congélation. On peut donc supposer que quand on sort le produit du congélateur, il a toujours à peu près la même dangerosité que quand on l'y avait stocké, il est préférable de se laver les mains juste après avoir déchiré et jeté l'emballage.
Non, il vaut mieux se laver les mains sous l’eau courante pour mieux chasser le virus. Si possible avec du savon, c’est mieux mais pas indispensable. Le gel hydro-alcoolique ne doit être utilisé que quand on n’a pas d’accès à l’eau courante pour se laver les mains.
La « létalité » (nombre de personnes malades qui décèdent) semble très différente d’un pays à l’autre. Ce n’est sans doute qu’une apparence : dans certains pays, il y a beaucoup de matériel et de laboratoires pour faire les tests et on peut savoir assez précisément combien de personnes sont contaminées. Dans ces pays-là, la létalité est de 0,1 % à 1 % (Moins de 1 malade sur 100 décède). En France la létalité serait à plus de 2 %, en Italie, on parle de 10 à 11 % mais que ce soit en France ou en Italie, on ne dispose pas d’assez de tests pour vérifier toutes les personnes suspectes. Comme on ne compte pas toutes les personnes qu’on ne détecte pas, on a l’impression qu’il y a une proportion beaucoup plus importante de décès. En réalité, la maladie conserve probablement le même danger en France qu’en Allemagne ou en Corée du Sud : moins de 1 personne contaminée sur 100 décèdera. Et la plupart ne sauront même pas qu’ils ont eu la Covid-19, ils auront eu « une grippe »
Probablement entre 5 et 8 personnes sur 10, mais je rappelle que pour ces personnes, la plupart ne feront qu’une forme bénigne de la maladie. En résumé, sur 100 français, on peut considérer que : 30 n’attraperont pas du tout le coronavirus sars Cov2, 40 feront une grippe presque classique chez eux, 20 feront une grippe beaucoup plus forte que d’habitude mais en restant quand-même chez eux, 8 seront hospitalisés dans un service médical simple, 2 seront hospitalisés en réanimation (et malheureusement une partie de ceux en réanimation décèdera).
Oui, tant qu’il y a de la place dans les services hospitaliers. Mais quand il n’y a plus de place, les malades graves ne peuvent plus être soignés. C’est pour ça qu’il faut essayer de ne pas être contaminé, ou d’attendre le plus longtemps possible avant de l’être, pour que les malades précédents aient déjà eu le temps de guérir et de libérer les places à l’hôpital.
Si, parce que 2 français sur 100 en réanimation, ça ferait 1,2 millions de français en réanimation, et il n’y a pas autant de places disponibles. Il est donc indispensable de retarder et étaler le plus possible cette épidémie, sinon presque tous ces français qui nécessiteraient de la réanimation décèderaient. Les statistiques de la région de Bergame en Italie montrent que la Covid-19 a multiplié le nombre de décès par 6 par rapport à l'an dernier, ce virus peut donc être responsable à lui tout seul de 5 fois plus de décès que l'ensemble des autres causes de mortalité.
Avec ce virus, on ne sait pas encore. Certaines personnes semblaient avoir attrapé la maladie une deuxième fois environ 1 mois après en avoir guéri, mais il semble plutôt qu'elles n'étaient pas encore tout à fait guéries. Jusqu'à présent, aucune personne n'a fait une deuxième fois une maladie grave avec ce virus. Après une première infection le corps a appris à mieux se défendre. Peut-être qu'un vaccin pourra apporter la même sécurité.
Ni l’un, ni l’autre. Soit on se sent juste grippé et il faut rester chez soi pour ne pas contaminer d’autres personnes et se reposer 1 à 2 semaines jusqu’à ce que ça passe, soit on n’arrive plus à respirer et il faut appeler le service d’urgence au N°15, qui s’occupera de venir chercher le malade et l’emmener à un hôpital adapté si nécessaire. L’hôpital peut être loin du domicile, si les hôpitaux plus proches sont déjà saturés.